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À la recherche du Aleph

De Dieu qui vient à l'idée



L'idée humaine de Dieu

J'emprunte cette expression (le titre) à Emmanuel Levinas.

Dans la Genèse, chapitre II, verset 7 :

ז  וַיִּיצֶר יְהוָה אֱלֹהִים אֶת-הָאָדָם, עָפָר מִן-הָאֲדָמָה, וַיִּפַּח בְּאַפָּיו, נִשְׁמַת חַיִּים; וַיְהִי הָאָדָם, לְנֶפֶשׁ חַיָּה.

Dans ce verset, le terme employé est le mot yétser qui veut dire fabriquer: יצר.
Ce verbe s'écrit avec un yod, première lettre du mot; dans ce verset nous remarquons qu'il a deux yod! Pourquoi? Que veut-on nous dire?
Ceci est un indice (rémez) pour nous faire comprendre que notre existence humaine sur terre dans un espace- temps, notre condition d'être humain né, donc mortel est la dualité, la séparation sujet-objet.
Ceci est le sens caché du passage de l'arbre avec Eve qui en séparant le fruit de l'arbre, nous fait rentrer dans cette condition duelle.

L'incompréhension courante des premiers chapitres est problématique pour la culture nommée à tort "judéo-chrétienne".
Haadam veut dire l'humain : le verset 27 du chapitre I de la Genèse nous dit:


כז  וַיִּבְרָא אֱלֹהִים אֶת-הָאָדָם בְּצַלְמוֹ, בְּצֶלֶם אֱלֹהִים בָּרָא אֹתוֹ:  זָכָר וּנְקֵבָה, בָּרָא אתם

Ce qui veut dire : Mâle et femelle, il les créa. Il les créa ensemble. mâle et femelle. Qui ?
L'humain, en potentialité, comme projet, dans la tête : in principio; non pas l'homme et la femme.

Il les créa ensemble androgyne, collé par le côté et au chapitre deux, il faudra les séparer pour qu'il y ait une relation et un face à face possible.
Ensuite, ils auraient dû devenir homme et femme ce qu'ils ne sont pas arrivés à réaliser dans le jardin. I l faudra en sortir pour continuer à réaliser et à retrouver cette unité perdue en soi homme et femme séparément bien entendu.
C'est pourquoi nous sommes sur terre : retrouver cette unité perdue, cette lumière intérieure perdue, celle du premier jour, qui n'a rien à voir avec le soleil qui arrive au quatrième jour ; c'est à dire des milliards d'années après car le mot traduit généralement par jour veut dire autre chose. C'est pourquoi il est écrit au verset trois du chapitre I :

ג וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים, יְהִי אוֹר; וַיְהִי-אוֹר.  3


Dieu dit: "Que la lumière soit!" Et la lumière fut. Non pas "Fiat lux" mais "La lumière sera et la lumière était".
Ceci est la lumière intérieure que nous devons retrouver. Le verbe être n'existe pas au présent dans les langues sémitiques : hébreu, araméen, arabe et l'auxilliaire avoir pas du tout, à aucun temps!

Quant à Monsieur Adam, il ne le devient qu'au cinquième chapitre.
Il faut aller plus loin dans la compréhension de ces chapitres :
Dieu aussi est double, dans la tête de l'homme :
I. Un Dieu un : très très loin de nous, une énergie- lumière-matière non manifestée, infinie et absolue, inconceptualisable dans un monde et une intelligence de l'espace- temps.
II. Le Dieu, qui nous vient à l'idée, qui n'est que la projection de nos narcissismes, auquel nous attribuons des qualités humaines : il parle, il entend, il est jaloux... J'en passe et des meilleures. Au nom duquel, l'homme fou tue allègrement depuis qu'il est sur terre!
Ce Dieu la est mortel, heureusement.
Le Dieu Un, qui est un autre mot pour Amour, s'est retiré pour laisser la place au monde et nous laisser un libre- arbitre!
Celui-là est aussi en nous, tout près et dans le visage de l'autre et de l'étranger!
Shabbat Shalom.


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